Le pétrole a décroché de plus de 5 % ce mardi 4 août 2026, le Brent repassant sous les 80 dollars pour la première fois depuis la deuxième semaine de juillet. Le baril de Brent évoluait autour de 79 dollars et le WTI autour de 76 dollars, au plus bas depuis le 13 juillet. Le déclencheur est diplomatique : le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré sur CNBC qu’un accord pour ouvrir le détroit d’Ormuz pouvait intervenir « aujourd’hui ou demain ». Le secrétaire d’État Marco Rubio a évoqué des progrès dans les discussions, « mais pas encore de finalité ». Téhéran dément de son côté négocier directement avec Washington et affirme ne discuter qu’avec Oman. En parallèle, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a indiqué qu’un projet d’accord circulait entre les parties par l’intermédiaire des médiateurs.
Ce qui s’est réellement passé
La veille déjà, lundi 3 août, les cours avaient plongé après l’annonce par Donald Trump de l’annulation d’une frappe contre l’Iran et de l’ouverture de nouvelles négociations : le Brent a terminé la séance à 83,77 dollars et le WTI à 80,34 dollars. Mardi, le marché a d’abord repris un peu de terrain en début de séance, avant d’effacer ces gains et de céder à nouveau plus de 5 % sur les déclarations de Washington et de Doha. C’est le point important pour vous : en deux séances, le baril a perdu plus de 10 % sur des annonces, pas sur des barils livrés. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié expédiés dans le monde avant le blocage entamé fin février 2026, reste le seul véritable arbitre du prix.
La nuance : la baisse n’efface pas la prime de guerre
Un repli de 5 % fait un bon titre, il ne fait pas une tendance. Malgré la chute de mardi, le Brent reste supérieur d’environ 10 % à son niveau de début juillet. Le trafic maritime reste au point mort — seuls quelques petits navires ont traversé le détroit transpondeur allumé ces derniers jours, contre près de 90 passages par jour en régime normal — et aucun accord n’est signé à ce stade : une déclaration d’intention n’est pas une réouverture. Goldman Sachs, citée par Reuters, table sur un Brent maintenu entre 80 et 90 dollars tant qu’il n’y aura ni confirmation d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, ni escalade militaire majeure. Autrement dit, le scénario central n’est pas la détente : c’est l’oscillation.
Ce que les dirigeants doivent en retenir
Trois décisions se posent immédiatement. D’abord la couverture : si vos positions ont été construites sur les pointes de juillet, la fenêtre actuelle est une occasion de reprofiler, pas de tout déboucler sur un signal politique d’une journée. Ensuite l’indexation : vérifiez la formule exacte de vos contrats de fret, d’énergie et de matières transformées. Une clause indexée sur une moyenne mensuelle vous protège d’un mouvement de ce type, une clause adossée au cours spot vous y expose intégralement. Enfin la trésorerie : un budget carburant bâti sur un cours unique n’est plus un budget, c’est un pari. Construisez-le sur une fourchette, avec un scénario haut à 90 dollars et un scénario bas à 75, et rendez explicite le seuil à partir duquel vous répercutez la hausse ou vous l’absorbez.
Nous le répétons à chaque secousse énergétique : ce n’est pas le niveau du baril qui déstabilise une entreprise, c’est l’écart entre ce niveau et celui inscrit dans son budget. Un accord sur Ormuz reste possible cette semaine, comme il semblait déjà à portée à la mi-juin, avant que le mémorandum d’entente signé le 17 juin par Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian ne se délite. Vos arbitrages, eux, doivent tenir dans les deux cas.








