Les marchés américains ont vécu ce jeudi leur pire séance depuis le krach Covid de 2020. À l’origine de cette débandade : la victoire écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat, qui fait craindre aux investisseurs un tour de vis réglementaire sur l’intelligence artificielle.
Le Nasdaq, indice à forte coloration technologique, a plongé de 5,52 %, sa plus forte chute depuis avril 2025, entrant en zone de correction. Le S&P 500 a cédé 4,35 % et le Dow Jones 3,44 %. Selon le Financial Times, ce sont 3 200 milliards de dollars de capitalisation qui sont partis en fumée en une seule journée — un record depuis 2020, confirme Bloomberg.
« Nous assistons aujourd’hui à un effondrement total des valeurs technologiques, à un niveau que l’on peut qualifier de capitulation », a résumé Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets. Jose Torres, chez Interactive Brokers, parle lui d’un « véritable bain de sang ».
Les « Sept Magnifiques » — Google, Amazon, Meta, Apple, Microsoft, Nvidia et Tesla — sont en première ligne. Leur capitalisation cumulée a fondu de plus de 800 milliards de dollars. Les fabricants de semi-conducteurs, Nvidia en tête, sont les plus durement touchés : la perspective d’une régulation accrue de l’IA fait redouter un ralentissement de la construction de data centers, qui sont leur principal débouché.
Le choc s’est propagé en Asie : le Nikkei japonais et le Kospi coréen ont tous deux dévissé d’environ 6 % vendredi. Les places européennes, moins exposées à la tech, ont mieux résisté : Paris a même grappillé 0,34 %, Francfort et Londres cédant moins de 0,5 %. Donald Trump, sur son réseau Truth Social, a imputé la responsabilité du krach « aux démocrates, et non aux républicains ».
Conséquence collatérale : sur les marchés de prédiction, la probabilité que la start-up d’IA Anthropic mène son introduction en Bourse comme prévu s’effondre. Les investisseurs anticipent qu’un climat réglementaire plus strict pourrait refroidir les valorisations du secteur pour de longs mois.










