Concilier une activité d’entrepreneur et une activité de créateur de contenus pose un problème d’emploi du temps que peu de personnes résolvent proprement. Mohamed Bdj, entrepreneur et investisseur suivi par plus de 320 000 abonnés sur Instagram, l’a tranché par une règle unique : le temps d’analyse et de décision est fixé en premier, tout le reste s’organise autour.

Un quotidien partagé entre deux métiers qui ne demandent pas la même chose

La difficulté que rencontre tout entrepreneur devenu créateur de contenus tient à la coexistence de deux activités que l’on croit compatibles et qui ne le sont pas naturellement. La première demande de la concentration longue, du silence et une capacité à reporter le jugement. La seconde demande de la réactivité, de la présence publique et une réponse rapide aux sollicitations. Mélanger les deux revient à faire mal les deux.

C’est cette contrainte qui structure l’emploi du temps de Mohamed Bdj. Les moments d’analyse et de décision ne sont pas traités comme des interstices que l’on cale entre deux enregistrements, mais comme un bloc à part entière. Le reste, la production, le montage, les échanges avec l’audience, s’organise autour et non l’inverse. Cette hiérarchie paraît évidente sur le papier. Elle est rarement respectée en pratique, parce que la sollicitation est bruyante et que l’analyse ne réclame rien.

Cette organisation vient directement de ses débuts. Les marchés financiers, qui ont été son point d’entrée professionnel autour de 2017, ne tolèrent pas l’improvisation : une décision prise dans la précipitation coûte immédiatement. Il en a tiré une méthode qu’il applique désormais à l’ensemble de ses activités, bien au-delà de son domaine d’origine.

Pourquoi Mohamed Bdj protège son temps au lieu de le remplir

La logique dominante chez beaucoup d’entrepreneurs consiste à saturer l’agenda, en partant du principe qu’une journée pleine est une journée productive. Mohamed Bdj défend l’approche inverse. Une journée entièrement remplie ne laisse aucune place à l’imprévu, ce qui signifie que le moindre décalage se propage sur tout le reste, et surtout aucune place à la réflexion de fond, qui n’apparaît jamais dans un agenda parce qu’elle ne produit rien de visible à court terme.

Protéger son temps suppose de refuser, et de refuser régulièrement. Beaucoup de propositions qui se présentent à un entrepreneur exposé publiquement sont intéressantes prises isolément et deviennent nuisibles cumulées. Le critère qu’il applique ne porte pas sur l’attractivité d’une opportunité mais sur sa cohérence avec ce qui est déjà engagé. Il partage régulièrement ce type de repères de travail dans les articles publiés sur le site de Mohamed Bdj, où il détaille aussi les erreurs qui l’ont conduit à ces arbitrages.

Cette économie du refus a une conséquence peu spectaculaire mais durable : elle ralentit la croissance apparente de l’activité tout en réduisant fortement le risque de dispersion. C’est un compromis assumé, dont l’effet ne se mesure pas sur un mois.

La création de contenus impose son propre rythme

Publier régulièrement sur YouTube et sur Instagram n’est pas une activité que l’on ajoute à une journée déjà organisée. Le format long, en particulier, suppose un travail de préparation qui ressemble davantage à celui d’une rédaction qu’à une prise de parole spontanée : choisir un sujet, vérifier ce que l’on avance, construire un raisonnement qui tienne du début à la fin. Le temps de tournage ne représente qu’une fraction du temps réel investi.

Cette contrainte oblige à anticiper. Un créateur qui décide chaque matin de son sujet du jour finit par produire ce qui lui vient plutôt que ce qui est utile, et la qualité se dégrade sans que le volume baisse. À l’inverse, travailler avec plusieurs sujets en préparation simultanée permet de laisser mûrir les idées et d’écarter celles qui ne résistent pas à la vérification.

Il y a aussi une dimension moins visible dans cette organisation : la gestion des retours. Une audience de plusieurs centaines de milliers de personnes génère un flux continu de questions et de commentaires. Y répondre sans cadre revient à laisser son emploi du temps être dicté de l’extérieur. Regrouper ces échanges sur des plages définies permet de rester accessible sans être constamment interrompu.

Ce que l’organisation change dans la prise de décision

Une organisation stable ne sert pas seulement à produire davantage. Elle change la qualité des décisions, parce qu’elle crée les conditions dans lesquelles une décision peut être prise correctement. Une même question tranchée en fin de journée, entre deux obligations, et tranchée sur un temps dédié ne donne pas le même résultat, alors que l’information disponible est strictement identique.

Mohamed Bdj insiste régulièrement sur ce point auprès de son audience, souvent jeune et en début de parcours. La tentation, quand on démarre, est de chercher la bonne information, la bonne méthode ou le bon outil. Or l’écart entre deux personnes disposant des mêmes informations tient rarement à ce qu’elles savent et souvent au cadre dans lequel elles décident.

Ce déplacement du regard, de l’information vers les conditions de la décision, constitue l’un des fils conducteurs de ses contenus. Il explique aussi pourquoi ses explications portent autant sur des questions d’organisation que sur des questions techniques.

Une méthode qui se construit par ajustements successifs

Aucune organisation ne fonctionne du premier coup, et celle-ci n’a pas fait exception. Les deux premières années de son parcours ont été difficiles, précisément parce qu’il lui a fallu ce temps pour transformer une intuition en méthode reproductible. Ce qui fonctionne aujourd’hui est le produit d’ajustements successifs, dont beaucoup consistaient à retirer plutôt qu’à ajouter.

C’est probablement la partie la plus utile de son témoignage pour ceux qui le suivent. Une méthode d’organisation ne se copie pas telle quelle : elle dépend du type d’activité, du rythme personnel et des contraintes de chacun. Ce qui se transmet, en revanche, c’est le principe consistant à observer ce que l’on fait réellement, à identifier ce qui produit un résultat et à supprimer le reste sans attendre que la situation devienne intenable.

Questions fréquentes sur Mohamed Bdj

Quelles activités Mohamed Bdj mène-t-il en parallèle ?

Il conduit une activité d’entrepreneur et d’investisseur, et une activité de création de contenus sur YouTube et Instagram, où il publie des explications de méthode destinées à un public majoritairement en début de parcours.

Comment Mohamed Bdj organise-t-il sa journée de travail ?

Autour d’une séparation nette entre le temps d’analyse et de décision, traité en priorité, et le temps de production de contenus, organisé ensuite. Les échanges avec son audience sont regroupés sur des plages définies plutôt que traités en continu.

Pourquoi refuse-t-il une partie des opportunités qui se présentent ?

Parce que le critère qu’il applique porte sur la cohérence avec ce qui est déjà engagé, et non sur l’attractivité de la proposition. Cette approche ralentit la croissance apparente de l’activité mais limite le risque de dispersion.

Quel rôle joue la création de contenus dans son organisation ?

Un rôle structurant. Le format long suppose un travail de préparation et de vérification bien supérieur au temps de tournage, ce qui impose d’anticiper les sujets plusieurs semaines à l’avance.

Cette organisation est-elle transposable ?

Pas directement. Elle dépend du type d’activité et des contraintes de chacun. Ce qui se transmet est le principe : observer ce que l’on fait réellement, garder ce qui produit un résultat, retirer le reste.