65 872 patrons ont répondu : le cahier de doléances qui s’invite dans la présidentielle 2027

Salle de conférence remplie de dirigeants d’entreprise face à une tribune

65 872 chefs d’entreprise ont répondu. C’est le chiffre exact de la consultation « Mobilisation des Entreprises de France : Cap sur 2027 », menée par le Medef avec OpinionWay du 15 avril au 15 juillet 2026, dont les résultats ont été mis sur la table mardi 25 août. Jeudi 27 août, sept candidats à la présidentielle passent l’oral devant les patrons, sur le court central de Roland-Garros, dans le cadre de la REF qui se tient les 26 et 27 août : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier.

Le diagnostic posé par les répondants tient en trois freins. Le niveau des impôts et des charges arrive en tête, cité par 79 % d’entre eux. Suivent le poids des démarches administratives (59 %) et l’instabilité réglementaire, c’est-à-dire les changements fréquents de règles fiscales, sociales ou environnementales (50 %).

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Des priorités qui parlent de stabilité autant que de fiscalité

Interrogés sur ce qu’ils attendent du prochain quinquennat, les dirigeants placent en tête la baisse des impôts et des charges (83 %), devant la réindustrialisation de la France (81 %). Viennent ensuite la simplification des normes et des démarches (75 %), la réduction de la dette et de la dépense publique (75 %) et la stabilisation des règles fiscales et sociales (74 %).

Le climat, lui, est franchement dégradé. 82 % des répondants se déclarent pessimistes sur les effets qu’aura la politique économique du prochain chef de l’État sur leur entreprise. 66 % estiment que leur société sera fragilisée, voire en danger, si aucune réforme n’intervient d’ici 2032. Et 85 % redoutent une hausse de la fiscalité et des charges pesant sur les entreprises. Signal plus brutal encore : 20 % seulement recommanderaient la France à un jeune entrepreneur, quand 39 % lui conseilleraient de s’installer à l’étranger.

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La nuance que nous vous invitons à garder en tête

Ces chiffres ne sont pas ceux d’un sondage représentatif au sens classique. Il s’agit d’une consultation auto-administrée, diffusée dans un réseau patronal, à laquelle ont répondu ceux qui le souhaitaient. La structure de l’échantillon le confirme : 42 % des répondants dirigent une entreprise sans salarié et 35 % une structure de 1 à 9 salariés. C’est donc d’abord la voix des TPE que l’on entend, avec ses priorités propres, et non une photographie pondérée du tissu productif français.

Second garde-fou : un cahier de doléances n’est pas un engagement. Aucun des sept candidats ne sera tenu par ce qu’il dira jeudi, à huit mois du scrutin, dans un format de grand oral où les questions seront posées par cinq dirigeants de PME.

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Ce que les dirigeants doivent en retenir

Le point saillant n’est pas le niveau des impôts, revendication attendue de la part d’une organisation patronale. Il est ailleurs : trois des cinq priorités citées portent sur la prévisibilité, pas sur le taux. Simplification, stabilité des règles, trajectoire de dépense publique. Pour vos arbitrages d’investissement, c’est ce déplacement qu’il faut lire. Un projet industriel de sept à dix ans ne s’arbitre pas sur un point de taux mais sur la probabilité que le cadre tienne.

Notre conseil pour le 27 août : écoutez moins ce que chaque candidat promet de changer que ce qu’il s’engage à ne pas toucher. C’est là que se logera l’information exploitable.

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Nadia Le Brun

Rédactrice spécialisée en économie et entrepreneuriat, Nadia décrypte l’actualité des entreprises, des dirigeants et des grandes fortunes. Elle met en lumière les tendances qui façonnent le monde des affaires et l’investissement.
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