Taux au plus haut depuis 2002 : le crédit aux entreprises à 3,76 %

Graphique de taux d’intérêt en hausse dans un bureau bancaire

Le dernier chiffre officiel du coût du crédit aux entreprises françaises date de juillet. Il dit 3,76 %. Il est déjà périmé.

Entre ce relevé de la Banque de France, publié le 9 septembre, et la clôture du 2 octobre, le taux auquel l’État français emprunte à dix ans a pris plus d’un demi-point. L’OAT à dix ans a frôlé les 5 % en séance le 1er octobre, son plus haut niveau depuis juillet 2002, avant de refluer. À la clôture du vendredi 2 octobre, elle s’établissait autour de 4,86 %, contre environ 4,19 % à la clôture du 4 septembre. Le mois de septembre à lui seul a ajouté 61 points de base, plus forte hausse mensuelle depuis fin 2022 ; sur le trimestre, la progression atteint 113 points de base, la plus forte depuis 1987. L’écart de taux avec l’Allemagne s’est creusé au-delà de 130 points de base, au plus haut depuis plus de dix ans.

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Ce que les entreprises paient vraiment

Les statistiques de la Banque de France portent sur juillet, dernier mois disponible. Le coût moyen des nouveaux financements des sociétés non financières y atteint 3,76 %, contre 3,64 % en juin et 3,56 % en mai. Les émissions de titres de dette ressortent à 3,78 %, les prêts bancaires à 3,75 %. Par taille, les grandes entreprises obtiennent 3,62 %, les PME 3,72 % et les entreprises de taille intermédiaire 3,87 %.

Dix points de base d’écart entre un grand groupe et une PME : sur le prix affiché, l’inégalité est modeste. Elle se creuse ailleurs, sur l’accès au crédit, les garanties exigées et la durée accordée, que nulle statistique de taux ne capture. Une PME ne paie pas tellement plus cher ; elle obtient moins, et plus tard.

Pourquoi votre banque ne vous a rien dit

C’est la nuance qui change la lecture : la transmission des taux de marché au crédit bancaire est lente et amortie. Entre juin et juillet, le taux des prêts bancaires aux entreprises n’a progressé que de 6 points de base, de 3,69 % à 3,75 %, quand le coût des émissions de dette bondissait de 24 points. Les grandes entreprises qui se financent sur les marchés encaissent le choc immédiatement ; celles qui passent par leur banque le découvrent avec plusieurs mois de décalage.

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Deuxième nuance : le pic du 1er octobre n’est pas un plateau. Le rendement a reflué dès la présentation du projet de loi de finances pour 2027, le jour même. Nul ne sait si le niveau actuel se consolide ou s’effrite.

Ce que les dirigeants doivent en retenir

Ce budget inscrit une charge de la dette de l’État en hausse de 79,2 milliards d’euros en 2026 à 91,2 milliards en 2027, pour une cible de déficit ramenée à 5,0 % du PIB contre 5,4 % attendus cette année. L’effort affiché est de 54 milliards, dont 43 portés par les textes financiers. Autrement dit, la trajectoire des taux français dépend d’un texte qui doit encore survivre au Parlement.

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Concrètement : tout business plan calibré au printemps sur une hypothèse de financement à 3,5 % mérite d’être retesté. Covenants bancaires indexés, lignes de trésorerie à renouveler, refinancements prévus en 2027 : trois postes à passer en revue avant l’arrêté des comptes. Le chiffre de juillet n’est pas une mauvaise nouvelle. C’est le dernier avant la vraie.

Combien de vos projets validés avant l’été tiennent encore avec un point de taux en plus ?

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Nadia Le Brun

Rédactrice spécialisée en économie et entrepreneuriat, Nadia décrypte l’actualité des entreprises, des dirigeants et des grandes fortunes. Elle met en lumière les tendances qui façonnent le monde des affaires et l’investissement.
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