Matthieu Pigasse dépose son offre à 23h52 : la méthode du dernier recours pour sauver Fibre Excellence

Matthieu Pigasse a déposé son offre de reprise de Fibre Excellence à 23h52, le 2 juillet 2026, quelques minutes avant l’expiration du délai fixé par le tribunal de commerce de Toulouse. En jeu : 660 emplois directs sur les deux dernières usines françaises de pâte à papier marchande, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône). Le verdict est attendu le 27 juillet.

Comment Matthieu Pigasse a-t-il structuré la reprise de Fibre Excellence ?

Le montage repose sur Combat Holding, la structure d’investissement de Pigasse, adossée à deux fonds régionaux pilotés par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le prix d’acquisition est symbolique : 6 euros pour les six sociétés du groupe. Le plan prévoit 107 millions d’euros d’investissements, dont 5 millions apportés par Combat Holding, 8 millions par les fonds régionaux et 45 millions via la Sofiac pour le volet énergétique. Une syndication avec des acteurs de la filière bois-papier est en cours de finalisation.

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Le calendrier est serré : le redémarrage industriel est annoncé pour octobre 2026 au plus tard. Le tribunal a examiné l’offre le 6 juillet avant d’accorder un délai supplémentaire au 27 juillet pour consolider le dossier.

Pourquoi l’État reste-t-il le point de blocage dans ce dossier ?

Pigasse lui-même a prévenu que « rien n’est encore acquis ». Le bras de fer porte sur trois conditions que l’État doit garantir : une hausse de 20 % du tarif de rachat de l’électricité produite par les usines, la sécurisation de l’approvisionnement en bois et la réintégration des quotas carbone. Sans ces engagements, le plan d’affaires à horizon 2035 ne tient pas. Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a publiquement demandé à l’État de « ne plus hésiter, ne plus reculer et s’engager ».

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La nuance s’impose : un prix d’acquisition à 6 euros pour un groupe qui réalisait 357 millions d’euros de chiffre d’affaires traduit l’ampleur du redressement nécessaire. Les marges de la pâte à papier marchande restent sous pression mondiale, et la dépendance au soutien public expose la reprise à tout revirement politique.

Ce que les dirigeants doivent en retenir

La méthode Pigasse illustre une stratégie de reprise à la dernière minute : mobiliser des soutiens régionaux, poser des conditions claires à l’État et forcer le calendrier judiciaire. Pour les dirigeants confrontés à des actifs en difficulté, le dossier Fibre Excellence rappelle qu’un plan de reprise crédible repose moins sur le prix d’acquisition que sur la capacité à sécuriser les conditions d’exploitation. C’est là que se joue la viabilité.

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Le tribunal de Toulouse tranchera le 27 juillet. Au-delà de 660 emplois directs, c’est toute une filière de près de 10 000 postes dans le secteur forêt-bois-papier qui attend la décision.

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Nadia Le Brun

Rédactrice spécialisée en économie et entrepreneuriat, Nadia décrypte l’actualité des entreprises, des dirigeants et des grandes fortunes. Elle met en lumière les tendances qui façonnent le monde des affaires et l’investissement.
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