Luca de Meo : défend sa rémunération de 5,5 millions d’euros

La tempête politique autour de la Fonderie de Bretagne

Lors de son audition à l’Assemblée nationale, Luca de Meo, directeur général de Renault, a dû s’expliquer sur le sort de la Fonderie de Bretagne (FDB), ancienne filiale du groupe menacée de fermeture. Cette fonderie, qui emploie 300 salariés et produit des pièces en fonte pour les suspensions et les échappements, avait été cédée en 2022 à un fonds d’investissement allemand.

Face aux députés, le dirigeant a rappelé les efforts du groupe pour soutenir la fonderie et proposé une solution de reclassement pour les salariés en cas d’absence de repreneur viable :

« Si, malgré les montants engagés par Renault, aucun plan de reprise ne se dessine, on prendra nos responsabilités et on proposera un emploi équivalent aux salariés sur un de nos sites en France. »

Un salaire sous le feu des critiques

L’audition a rapidement dévié vers la question de la rémunération de Luca de Meo. Le député Benjamin Lucas (EELV) a mis en perspective son salaire de 5,5 millions d’euros avec le salaire annuel d’un travailleur au SMIC :

« 5,5 millions d’euros sur un an, c’est l’équivalent de la rémunération de 260 salariés au SMIC. Pensez-vous valoir moralement et intellectuellement 260 travailleurs ? »

Le patron de Renault a répondu en mettant en avant son expérience et son rôle dans la création de valeur pour l’entreprise :

« Nous sommes là parce que nous avons derrière nous une carrière de vingt, trente ans, avec des résultats. Quand nous faisons des résultats, nous créons de la valeur. »

Un investissement personnel intense

Interrogé sur sa rémunération, Luca de Meo a défendu son implication et la charge de travail qu’il assume :

« Moi, je travaille 60, 70, 80 heures par semaine. Vous pensez que je dors tranquille la nuit quand il y a ce type de problème ? Nous aussi, on est des travailleurs, on met tout et on risque tout. »

Il a également mis en avant la croissance de Renault sous sa direction :

  • Triplement de la valeur boursière depuis son arrivée.
  • Création de 10 milliards d’euros de cash et de marge opérationnelle.
  • Mise en place d’un programme d’actionnariat salarié offrant 10% du capital de Renault aux employés.
  • Création de 8 000 emplois en France depuis sa prise de fonction.
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Un engagement fort pour la production en France

Luca de Meo a profité de cette audition pour réaffirmer la volonté de Renault de renforcer sa production en France :

« Quand je suis arrivé, Renault produisait moins de 400 000 voitures en France. Nous sommes en passe d’en produire 800 000 à horizon 2028-2030. »

Il a souligné que le groupe préférait fabriquer certains modèles emblématiques en France, plutôt qu’à l’étranger, malgré des coûts de production plus élevés :

« Cela aurait été beaucoup plus facile de produire la Renault 5 au Maroc ou en Turquie, mais nous avons choisi de la fabriquer à Douai. »

En parallèle, Renault prévoit d’investir 5 milliards d’euros chez des fournisseurs français, renforçant ainsi son ancrage industriel national.

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Des aides publiques en question

Le débat s’est enfin porté sur les aides publiques perçues par Renault, notamment les 248 millions d’euros reçus en 2023. Benjamin Lucas a pointé l’incohérence entre ces aides et l’augmentation de la rémunération du PDG (+30% en 2024) :

« Votre augmentation salariale fera rêver beaucoup de salariés qui nous regardent. »

Entre justification et stratégie d’avenir

Cette audition a illustré la difficulté pour un dirigeant d’un grand groupe de concilier performance économique et acceptabilité sociale. Luca de Meo a défendu une vision où l’investissement et la création de valeur justifient sa rémunération, tout en mettant en avant les efforts de Renault pour renforcer l’industrie automobile française.

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Mais ces arguments suffiront-ils à faire taire les critiques sur les inégalités salariales et l’utilisation des aides publiques ? Le débat reste ouvert.

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