Créations d’entreprises : un record qui fragmente vos marchés

Entrepreneur remplissant les formalités de création d’entreprise à son bureau

Plus de 3 500 entreprises sont nées chaque jour en France depuis le 1er janvier, week-ends compris. L’Insee a publié ce vendredi 16 octobre les créations d’entreprises de septembre 2026 : 119 307 immatriculations en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, le plus haut niveau depuis le début de la mesure, en janvier 2000. Sur les neuf premiers mois, 971 803 entreprises ont été créées, contre 859 047 un an plus tôt, soit 13 % de plus.

Le paradoxe tient en une ligne : ce record se forme dans une économie qui ne croît plus. Dans sa note de conjoncture du 10 septembre, l’Insee a ramené sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4 %, contre 0,7 % auparavant. Le taux de chômage est remonté à 8,3 % de la population active au deuxième trimestre, son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020. Et la Banque de France recensait 70 766 défaillances d’entreprises sur les douze mois à fin août, en hausse de 4,8 % sur un an.

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Qui crée ces entreprises, et dans quels secteurs ?

Les micro-entrepreneurs pèsent toujours les deux tiers du total, avec 78 880 immatriculations en septembre. Mais ils reculent de 1,6 % sur un mois, après un bond de 8,1 % en août. Ce sont les autres statuts qui portent le record : 12 134 entreprises individuelles classiques, en hausse de 11,6 %, et 28 293 sociétés, en hausse de 5,0 %. Par secteur, la progression mensuelle vient du soutien aux entreprises (+4,1 %) et du commerce (+4,0 %). Deux activités reculent nettement : l’industrie, de 5,1 %, et les transports et l’entreposage, de 3,6 %.

Pourquoi ce record de créations d’entreprises ne signale pas une reprise ?

Parce qu’une immatriculation n’est pas une activité. Le statut de micro-entrepreneur s’ouvre en quelques minutes et couvre aussi bien un complément de revenu qu’un métier exercé à temps plein, parfois faute d’avoir retrouvé un emploi. Dans une économie où le chômage progresse, la hausse des créations mesure autant la recherche d’une solution individuelle que la confiance dans le marché. Le niveau des défaillances le rappelle : la France crée plus d’entreprises que jamais et en perd plus de 70 000 par an. Et le record de septembre reste un record mensuel : il ne dit rien du nombre de ces structures qui seront encore actives dans trois ans.

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Ce que ce record change pour vos plans 2027

Trois effets concrets. L’offre se fragmente d’abord : dans les services aux entreprises et le commerce, les deux secteurs les plus dynamiques du mois, vos appels d’offres et vos grilles tarifaires vont croiser des indépendants dont la structure de coûts n’a rien de comparable à la vôtre. Le recrutement se tend ensuite : chaque entreprise individuelle créée est un profil qui ne postule pas chez vous, dans un marché du travail qui se dégrade par ailleurs. Le risque client monte enfin : des acheteurs plus jeunes sont des acheteurs moins installés, et vos conditions de paiement méritent un réexamen avant la clôture budgétaire.

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Dans votre plan commercial 2027, combien de vos concurrents n’existaient pas encore en janvier ?

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Nadia Le Brun

Rédactrice spécialisée en économie et entrepreneuriat, Nadia décrypte l’actualité des entreprises, des dirigeants et des grandes fortunes. Elle met en lumière les tendances qui façonnent le monde des affaires et l’investissement.
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