La jeune pousse américaine Anthropic, spécialisée dans l’intelligence artificielle et rivale revendiquée d’OpenAI, a porté des accusations graves contre plusieurs entreprises chinoises. Selon la plainte déposée récemment, ces sociétés dont DeepSeek et deux autres projets d’IA auraient copié ou exploité sans autorisation des éléments protégés de Claude, le chatbot développé par Anthropic.
Des allégations de piratage de propriété intellectuelle
Anthropic affirme que des pratiques illégales ont été utilisées pour reproduire des parties de son modèle Claude, l’un des systèmes d’IA les plus avancés sur le marché. Le cœur des accusations implique :
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l’utilisation de codes sources protégés ou de structures internes dérivées de Claude ;
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l’exploitation de données d’entraînement propriétaires, sans licence ni autorisation ;
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la reproduction de fonctionnalités uniques du chatbot, présumées couvertes par des droits de propriété intellectuelle.
Parmi les entités visées figure DeepSeek, une start-up chinoise qui aurait intégré certains éléments fonctionnels directement inspirés de Claude dans ses propres plateformes d’IA, sans respecter les droits d’usage ou les licences. Deux autres projets indépendants sont également mis en cause par Anthropic dans la plainte.
Un conflit entre juridictions technologiques
Les accusations surviennent à un moment où les tensions internationales autour de la technologie se renforcent. Les relations entre États-Unis et Chine dans le domaine de l’IA sont déjà marquées par des rivalités liées à la suprématie technologique, au partage de données et à la sécurité numérique. L’affaire pourrait donc s’inscrire dans un contexte plus large de protection des innovations face à des concurrents étrangers.
Anthropic n’est pas le premier acteur technologique à évoquer des allégations similaires : OpenAI elle-même avait précédemment dénoncé l’usage non autorisé de son propre modèle par plusieurs entreprises internationales, ce qui avait déclenché des débats sur la propriété intellectuelle dans l’IA et sur la protection juridique des modèles d’apprentissage profond.
Les défis juridiques de l’IA
Ce dossier soulève des questions complexes autour de la propriété intellectuelle appliquée à l’intelligence artificielle :
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Comment déterminer si un modèle concurrent « pille » un autre modèle ou s’en inspire légitimement ?
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Quelles sont les frontières entre inspiration, concurrence et contrefaçon dans un domaine où les architectures sont souvent similaires ?
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Les juridictions nationales peuvent-elles s’appliquer efficacement dans un environnement globalisé et numérique ?
Les autorités juridictionnelles devront trancher des points de droit novateurs, car les cadres actuels peinent encore à encadrer les cas où des algorithmes eux-mêmes deviennent objets de litiges de propriété.
Implications pour les décideurs économiques
Pour les dirigeants, investisseurs et responsables politiques, cette affaire illustre plusieurs enjeux structurants :
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Protection de l’innovation : à mesure que l’IA devient un actif stratégique, les entreprises doivent renforcer leurs moyens juridiques de protection des modèles et des données propriétaires.
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Compétition internationale : les tensions technologiques entre grandes puissances économiques transforment la concurrence en bataille juridique et diplomatique.
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Régulation de l’IA : ce type de litige renforce l’urgence de créer des cadres légaux clairs à l’échelle internationale pour définir les limites du partage, de la réutilisation et de la concurrence des technologies IA.
L’affaire opposant Anthropic à ces acteurs chinois sera à suivre de près : elle pourrait définir des précédents juridiques majeurs dans un secteur où l’innovation et la propriété intellectuelle se mêlent de plus en plus étroitement.

